Fermin Juarez

 

Un artiste aux talents pluriels

 

2014 – 2015 Il décide de boucler la boucle de ses quatorze ans de carrière et conçoit Sintesis, synthèse de toutes ses expériences artistiques et « façon d’acter le principe qu’un danseur peut aussi chanter, parler et jouer d’un instrument ». Autodidacte proclamé, artiste boulimique aux talents pluriels, Fermin Juarez a peut-être commencé à l’envers mais, au final, il a « l’art » de tout remettre à l’endroit.

 

 

2007-2013 - Il crée Peña Abierta, un espace de rencontres artistiques et humaines qui réunit danse, musique, expo,  comme une invitation à voyager au cœur des traditions d'Amérique latine. Il en profite pour coiffer une nouvelle casquette et régaler son public de spécialités culinaires argentines. Le danseur-musicien-chanteur-traiteur se découvre aussi producteur. Sous l’égide de  l’association Chango, le concept « d’apéro-concert » fait un carton. Les mariages ou les cocktails dînatoires de  l’Ambassade d’Argentine le plébiscitent et en 2013, il s’exporte à Bruxelles.

 

Parallèlement, il enseigne, en France et à l’étranger, les danses traditionnelles argentines, reflet d’une culture dont il a à cœur de transmettre la richesse.

 

 

2001 - A 24 ans, il revient en Europe et décroche un contrat dans un cirque italien à Bruxelles où il affole son public par sa dextérité aux boleadoras. Dès lors, il va enchaîner les shows, seul ou au sein de diverses compagnies. Il parcourt l’Europe, les USA, la Nouvelle Zélande, le Maghreb, l’Amérique latine et s’installe cinq ans en Espagne où il découvre le flamenco. En 2007, il rentre à Paris. Il a juste 30 ans, et « c’est le choc » : l’art a investi la capitale, les créateurs y trouvent un soutien, justement, Fermin fourmille de projets…

 

Il va alors s’ouvrir à des langages plus contemporains pour en livrer une relecture sous influence. Il manie la danse, le chant et la musique à travers les « Boleadoras » et le « Zapateo », ses moyens d’expression privilégiés. Et il métisse ses pratiques au contact de courants artistiques aussi variés que le Wroka de la Guadeloupe, la Roda du Brésil, le hip-hop, les musiques du Pacifique ou du Sénégal.

 

 

De son propre aveu, Fermin Juarez « a commencé à l’envers ». Argentin, né en France de parents qui ont fui le régime dictatorial, en 1977, il ne découvre son pays d’origine que sept ans plus tard. Au hasard d’un festival de danses traditionnelles, il voit des enfants de son âge danser le malambo et c’est le coup de foudre. Il s’inscrit dans une école de quartier pour apprendre le tango, la chacarera, la zamba, le gato… Il éprouve à renouer avec ses racines une passion qui va changer le cours de sa vie. Dans les années quatre-vingt-dix, il intègre les ateliers de la « Cooperativa integral » et découvre l’univers de Jorge Valdia, Silvia Zerbini et Juan Saavedra. Il sillonne les routes d’Argentine et s’imprègne de la richesse des traditions.

 

Françoise Louis-Chambon

Tango

PH: Michal Konsewicz Avec Ana Ventura, tournage Sanga Tango